Journal d’écriture : ma (non) carrière d’écrivain – une rétrospective

écriturerose

Quand j’étais petite, j’avais la tête plein d’histoires que je dessinais sur des cahiers d’enfants. Je ne savais pas encore écrire à l’époque et mes feutres étaient mes meilleurs alliés. Parfois, j’exigeais de mon père qu’il me serve de secrétaire et je lui dictais ce qu’il devait écrire. Le problème, c’est que j’avais encore besoin de lui pour me relire et ce n’était pas très pratique. J’ai donc choisi de dessiner seule et de garder le texte dans ma tête.

J’aimais tellement raconter des histoires que je n’écoutais pas du tout les consignes de la maitresse de Maternelle. On devait dessiner une maman qui reçoit un cadeau pour la fête des Mères? Je dessinais un dinosaure qui détruit une maison. On devait dessiner un narval? Je dessinais une petite fille qui explorait un grenier. Un jour, on était allés au Louvre pour dessiner des statues. Je n’avais aucune envie de dessiner Zeus sur son piédestal. Alors j’ai dessiné la petite souris à la place, car j’étais justement en pleine invention d’une de ses aventures.

Le narval, cet animal improbable dont on entend parler seulement en grande section de Maternelle lors de l'apprentissage de l'alphabet...

Le narval, cet animal improbable dont on entend parler seulement en grande section de Maternelle lors de l’apprentissage de l’alphabet…

Ma maitresse qui était très gentille a mis plusieurs semaines avant de se décider à me faire respecter les consignes. J’ai obéi mais je n’ai pas abandonné mes projets de scénariste pour autant : je dessinais désormais une maman qui recevait un cadeau alors qu’un dinosaure s’apprêtait à attaquer sa maison. Ou une petite fille qui explorait un grenier avec un narval empaillé à l’intérieur. C’est aussi ça le talent d’un créateur, non? Etre capable de respecter les demandes d’un commanditaires tout en laissant parler son génie.

Vous imaginez donc que mon entrée en CP a été une vraie révolution. Je savais désormais et écrire et conjuguer les verbes être et avoir, ainsi que quelques verbes d’expression comme « dire », « rétorquer » ou « crier ». Parfait pour les dialogues de mes histoires palpitantes qui ressemblaient à ça :

– Quéllqin a volé le magazin de joué, cria Marina.

– Oh, cria Morgane, il fau fère quéllqe chause!

– Oui, dit Romain. Ont vat enquété!

– Bonne idé, dit Julia. Alont enquété!

– Super! cria Louise.

– Oui, super! ajouta Gladys.

– S’est partit! cria Morgane.

– Ont comensse parre quoi? interoja Paul.

Au fil du temps, mon écriture s’est affinée et alors que je plagiais avec enthousiasme mes livres préférés durant les premières années de ma carrière d’écrivain, changeant les prénoms et remplaçant juste un mot par un autre, un steak devenant une tranche de jambon par exemple (j’avais déjà quelques notions du droit d’auteur), j’ai commencé à prendre un peu plus de liberté avec mes idoles littéraires (Enid Blyton d’abord puis, dès le CE2, les auteurs pour grands de la Bibliothèque Verte).

Le clan des sept couverture

Le Clan des Sept d’Enid Blyton, une de mes sources d’inspiration pour la saga policière en vingt tomes « Le Clan des Dix-Sept ».

J’avais toujours des millions d’histoires que j’inventais et que je jouais avec mes copines en s’aidant de nos Barbies ou nos Polly Pocket ou pendant les récréations sans aucun accessoire. Malheureusement, il était très frustrant de constater que les Barbies éternellement souriantes cadraient mal avec la personnalité d’exploratrices en danger qu’on leur donnait ou que la cour en béton de l’école ne devenait jamais l’île déserte, le château fort ou le vaisseau spatial de nos fantasmes. Pour pallier à ce problème, j’ai commencé à décrire ces lieux fantastiques dans des cahiers à lignes pour qu’on puisse revivre en plus grandiose le scénario inventé et interprété au pied des marronniers de l’école. Je nous rajoutais parfois en héroïnes aux côtés de nos héros de BD ou de télé, revisitant leurs histoires quand je n’avais pas carrément inventé notre univers.

PollyPocket

J’ai imaginé de fabuleuses histoires dans le décor de mes boites Polly Pocket… Même si les salons de coiffeurs et les manoirs de stars ne collaient pas toujours à mes aventures de voyages dans le temps et d’odyssée vikings.

Adolescente, j’avais plein de choses à dire et j’écrivais des centaines et des centaines de pages. Une histoire, en particulier, me tenait à coeur, un truc de fantasy gigantesque inspirée de mes lectures sur l’Antiquité et le Moyen-Âge ainsi que de mes jeux vidéos préférés. J’y ai passé trois ans, entre les cours du lycée et mes activités, mais je ne l’ai jamais terminée, malgré les 400 pages et plus si l’on compte les histoires dérivées que j’avais rédigées.

Mais devenue adulte, vivant des choses de plus en plus intéressantes, j’ai délaissé l’écriture. Qu’avais-je besoin de m’inventer des aventures imaginaires quand j’en vivais vraiment? Mes fantasmes n’étaient plus les pouvoirs magiques et les voyages dans le temps, alors je n’avais plus besoin d’écrire de la fiction, pensai-je. Je gardais quand même mon imagination disponible pour les enfants avec qui je travaillais et ceux de ma famille, à qui j’avais toujours une histoire rocambolesque à raconter à haute voix.

Pourtant, l’autre jour, je regardais ce qui était disponible sur M6 Replay et je faisais défiler toutes ces comédies romantiques pour ménagères. J’aime bien en regarder, parfois. Le problème, c’est que ça ne vaut pas une bonne comédie romantique hollywoodienne et je suis souvent déçue par le niveau de l’intrigue.

M6téléfilm

Les comédies romantiques de M6 et leurs scénarios plein de surprises

« J’ai toujours rêvé d’écrire un scénario de comédie romantique » ai-je pensé avec amusement. Et là, j’ai réfléchi. Un scénario, non, je n’en suis pas capable. Il y a des règles compliquées, il faut connaitre le déroulement d’un tournage… Mais une histoire, ça, je sais faire! Alors, peut-être que maintenant j’ai la maturité et la détermination suffisante pour mener à bien un tel projet?

Mon problème, c’est que je suis incapable de finir une histoire. Les seules fois où je l’ai fait, c’était pour les rédactions du collège ou pour ce manuscrit que j’ai envoyé aux éditeurs à neuf ans. Même les histoires que je raconte aux enfants, je leur dis « je vous raconterai la suite demain » et l’histoire continue encore et encore, sans que je sois capable d’y mettre un point final. Je peux travailler vite, avoir une concentration extrême et donc rédiger 150 pages correctes en quelques jours… Mais terminer mon histoire? Je ne sais pas encore faire.

Voilà donc mon défi! Je vais écrire une histoire, la finir et en écrire une autre que je finirai aussi… et ainsi de suite jusqu’à ce que toutes les idées qui bouillonnent dans ma tête depuis plus de dix ans prennent vie sur le papier.

Puisque toute cette machine a été relancée avec les comédies romantiques de M6, je vais donc commencer par là… Ma première histoire finie sera une romance girly et je vous raconterai mon cheminement pour arriver jusqu’au point final!

Serai-je bientôt la fière auteure d'un roman d'amour à la Harlequin?

Serai-je bientôt la fière auteure d’un roman d’amour à la Harlequin?

Mise à jour: la première étape de l’écriture de ma romance, c’est ici. Sinon, vous pouvez jeter un coup d’oeil à la catégorie « Journal d’écriture« , j’y publie tous mes articles en rapport avec l’avancement de mes histoires!

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11 réponses à “Journal d’écriture : ma (non) carrière d’écrivain – une rétrospective

  1. Amusant, j’avais la même étoile Polly Pocket, je lisais Enid Blyton également (mais plus le fameux Club des Cinq) et j’avais écrit avec une copine un roman d’amuuur en 6ème qu’on avait envoyé à des éditeurs 🙂

    Il faut que écrives une histoire digne des meilleurs téléfilms M6 de Noël (mes préférés 😉 )

    • Ahah! Génial! J’espère que tu as gardé ce roman d’amour?
      Je crois que le Club des Cinq et le Clan des Sept étaient un peu pareils en fait mais vu que je connaissais les personnages de l’une des séries, je n’avais pas très envie de lire l’autre 🙂 J’ai remarqué que peu de gens connaissaient les Sept comparés au Cinq d’ailleurs 😦

      Et t’inquiète, comme je suis une fan de M6 Replay (j’ai pas la télé chez moi alors je remplace par les replays), j’aurais tout le loisir de voir l’intégrale des téléfilms de Noël 😉

    • Merci pour les encouragements Irene 🙂

      J’ai commencé à te suivre parce que j’ai vu qu’on avait des points en commun et que le sujet de ton roman à paraitre m’intrigue énormément – la machine propagande d’un pays de l’URSS… C’est le genre d’histoires qui peut me plaire!
      Je n’ai pas encore eu le temps mais je vais aller commenter sur ton blog car j’ai quelques questions à te poser 😉

      • Je t’ai répondu, si tu as d’autres questions, n’hésites pas. Je suis touchée que le sujet t’intrigue! J’espère juste que le truc que j’ai écrit sera à la hauteur des personnes comme toi! :/

        • Comment ça tu as peur de ne pas être à la hauteur de « personnes comme moi »? 😉 Je peux te dire qu’avec un tel sujet, il y a déjà beaucoup de potentiel alors crois en ton projet! 🙂

  2. Bonjour Morgane,

    Merci de me suivre sur Hellocoton, ce qui m’a permis de découvrir ton chouette blog. J’ai adoré ton histoire d’écrivain et me suis en grande partie reconnue dans tes expériences ainsi que dans tes références culturelles et littéraires (je crois que j’ai plus ou moins dévoré TOUS les livres d’Enyd Blyton!). J’ai hâte de lire la suite de tes aventures, le début (et la fin!) de ton histoire romantique, et tout ce que tu publieras sur ce blog. Je sens que je vais me régaler et j’en salive d’avance. A bientôt donc, sur ton blog ou sur le mien 🙂

    Prune

    • Bonjour Prune!

      Merci beaucoup pour ce commentaire super sympa! Je n’ai pas encore eu le temps de commenter ton blog mais j’ai trouvé ton écriture vraiment agréable à lire et je crois qu’on a pas mal de points en commun 😉

      En tout cas, si tu as lu tous les Enid Blyton, chapeau! Il me semblait avoir vu quelque part qu’elle en avait écrit des centaines!!! 🙂

      • OK, je ne sais pas si je les ai TOUS lus, j’ai peut-être un peu exagéré 😉 Mais j’en ai certainement dévoré une grande partie: Oui-Oui, Le club des 5, Le clan des 7, Jojo Lapin, Les 5 détectives, L’éléphant bleu et j’en passe… D’ailleurs, parler de tout ça me donne vraiment envie de m’y replonger!

  3. Haha l’imagination débordante je connais ça, par contre je n’ai jamais réussi à finir un texte malgré des plans assez précis, j’ai toujours des problèmes pour relier des évènements ou des personnages entre eux :/
    J’avais tenté le NaNoWriMo l’année dernière, je n’ai écris que deux jours sur mon projet, et j’ai essayé à nouveau cette année, je n’y suis pas parvenu non plus. Je continue quand même le projet inventé en novembre, même s’il ne contient que 4000 mots loool
    Je suis justement en phase de blocage là T.T Parce que mon plan est à moitié ébauché sûrement ! Je ne sais pas écrire sans avoir une idée de là où je veux en venir !

    Enfin bref, je propose qu’on forme un comité de soutien mutuel entre apprentis écrivains \o/

    • Ah cool, tu es une apprentie écrivaine aussi 😉
      Je pense qu’il ne faut jamais abandonner définitivement un projet, ça finit toujours par revenir. En ce moment, je songe beaucoup à reprendre une histoire que j’avais commencé au lycée, il y a plus de dix ans. Je l’ai laissé en plan pendant des années mais je crois qu’il y a beaucoup de potentiel (j’y fais mention dans cet article) : j’avais écrit des centaines et des centaines de pages, rédigé des fichiers biographiques de mes personnages secondaires et développé un bon début de mythologie. Avec le recul des années, je crois que je peux faire le ménage et le voir sous un nouveau jour… Donc ça arrivera sûrement avec tes écrits aussi!

      Et oui, faisons un comité de soutien 😉 J’en ai bien besoin car je m’interromps trop souvent en cours de route!!

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