Journal d’écriture – Ma romance : les règles de base

écriturerose

Comme raconté précédemment dans l’article « Journal d’écriture : ma (non) carrière d’écrivain », j’ai décidé de me remettre à l’écriture de fiction, un loisir que j’avais abandonné depuis quelques années. Mais mon plus gros défi est de réussir à mettre le mot fin au bout d’une de mes histoires car je n’ai pour l’instant (presque) jamais réussi… Pour cette première, j’ai choisi le genre de la romance!

Choisir une romance n’était pas qu’un choix instinctif destiné à assouvir mes fantasmes girly (devenir la scénariste d’un téléfilm romantique de M6 par exemple). Ce genre obéit en effet à des règles plutôt rigoureuses si l’on y regarde de plus près! Je me suis dit que d’être contrainte de les respecter m’aiderait à travailler plus efficacement et donc à aller jusqu’au bout du récit.

Cela pourra en surprendre certains mais les romans dits "à l'eau de rose" répondent en fait à des critères très stricts qui rendent leur écriture relativement technique et cadrée!

Cela pourra en surprendre certains mais les romans dits « à l’eau de rose » répondent en fait à des critères très stricts qui rendent leur écriture relativement technique et cadrée!

Comme j’ai tendance à développer, je suis assez mauvaise pour écrire des nouvelles, et c’est une tâche à laquelle je devrais m’atteler prochainement. Moi, quand j’écris, j’aime bien les descriptions, m’attarder sur la psychologie des personnages et leur passé. C’est possible mais beaucoup plus difficile dans une histoire aussi courte qu’une nouvelle car cela demande une grande maitrise de son style et de sa plume. Je ne suis pas encore assez bonne pour ça. Malheureusement, une histoire trop longue comme j’aime en faire me donne toujours une nouvelle excuse pour retarder infiniment la fin : « oh et si je changeais cette partie de l’histoire pour donner plus de profondeur au héros! » ou encore « tiens, je pourrais faire un petit flashback là, ça collerait parfaitement ».

Or la romance est un genre bien sûr plus long qu’une nouvelle mais qui doit quand même pouvoir se lire assez facilement et donc assez vite. En livre de poche, une histoire basique type Harlequin fait entre 100 et 200 pages environ, ce qui correspond en gros à 30 à 100 pages Word je crois. Tout-à-fait faisable pour quelqu’un qui, comme moi, a déjà recouvert des milliers de pages de scénarios cohérents! Bien sûr, il y a des romances un peu plus « haut de gamme » sur lesquelles j’aurais pu me baser pour établir mes critères. Je parle par exemple de celles écrites par Danielle Steel, Barbara Cartland ou Nora Roberts qui font plus dans les 400 pages en poche. Cependant, je pense qu’il vaut mieux commencer par quelque chose de plus basique, d’autant plus qu’apparemment, de nombreux téléfilms M6 de l’après-midi sont des adaptations de romans Harlequin! Ce format est parfait pour finir ma première histoire : cela me laisse un peu de liberté pour développer, mais l’obligation d’aller à l’essentiel rapidement.

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Danielle Steel, le niveau supérieur de la romance… et des couvertures!

Les règles de la romance pourraient aussi me forcer à me recentrer en permanence. Il faut une intrigue un minimum crédible avec des rebondissements, des personnages attachants tout de suite et pas trop nombreux et une abondance de dialogues. L’idéal étant bien sûr de rajouter des petites choses qui font rêver comme des paysages exotiques ou des héros qu’on a peu de chance de rencontrer en vrai. Il faut aussi que l’histoire ne se finisse pas mal et qu’on ne puisse pas réellement douter du bon sens moral des personnages principaux : pas d’adultères ou de tromperies amoureuses donc, de passé de taulard multirécidiviste pour le prince charmant ou de trucs de ce genre.

Dans les romances modernes, il faut pimenter le récit avec une certaine sensualité. Bon on ne voit pas ça sur M6 de nos jours mais si vous feuilletez les Harlequin et consoeurs, vous verrez ce que je veux dire. J’ai fait mes petites recherches et il parait que les lectrices adorent ça, ce qui n’est pas vraiment une surprise si l’on pense au succès de Fifty Shades of Grey. Pour vous montrer ce que j’entends par « sensualité », je vous mets ici un extrait de Troublant Tête à Tête, un roman Harlequin normal écrit par Lucy Monroe et que vous pouvez lire gratuitement sur decouvreharlequin.fr :

Quatre marches plus bas, il l’embrassait au plus intime d’elle-même. Ses doigts étaient cramponnés à ses cheveux dont elle se rappelait si bien la douceur.

C’était lui, et c’était si merveilleux qu’elle ne cessait de pleurer en répétant son nom. Toutes ses émotions enfouies ressortaient, culpabilité et honte soudain effacées, car si cet homme splendide la désirait tant, ce ne pouvait être que pour le bien. Il lui manquerait sa vie entière.

En l’entendant gémir, elle comprit qu’elle allait accéder au plaisir, parce qu’il connaissait son corps mieux qu’elle-même.

Cela signifie que je ne dois pas pas être timide lorsqu’il s’agit de décrire l’attirance physique de mes héros et éviter d’imaginer ma grand-mère en train de me lire… Mais j’avoue que ça me fait un peu pouffer quand je parcours ce genre d’extraits et surtout que je le partage avec vous : j’ai l’impression d’avoir à faire à une sorte de Disney du sexe, un truc décalé de la réalité, et ça fait une impression bizarre. Je vous ai épargné le passage où ils parlent de ses « mamelons qui se durcirent sous les caresses », une expression que je trouve très souvent dans ces bouquins et qui me fait encore plus pouffer.

Bien avant Fifty Shades of Grey, Harlequin a compris le potentiel commercial des romances "épicées" au point de lancer une collection plus sensuelle affublée de titres subtils comme "Fantasmes brûlants" ou "Plaisir incognito" et de photos de couverture suggestives

Bien avant Fifty Shades of Grey, Harlequin a compris le potentiel commercial des romances « épicées » au point de lancer une collection plus sensuelle affublée de titres subtils comme « Fantasmes brûlants » ou « Plaisir incognito » et de photos de couverture suggestives

Une fois ce cadre posé qu’il faut respecter, je voudrais quand même créer une histoire un peu originale et une héroïne indépendante selon mes critères, le point faible de trop nombreuses romances.

Après avoir analysé toutes ces règles, j’espèrais qu’elles suffiraient à me faire garder un certain cap et qu’elles cadreraient aisément mon écriture. Selon ma stratégie, l’intrigue devrait avancer toutes les 2 à 3 pages, excluant par conséquent des descriptions trop longues ou des digressions sur le passé trop fréquentes. Pour me discipliner un peu plus, je m’étais ainsi fixée une autre règle: écrire l’histoire en dix jours afin de pouvoir me référer à un cadre temporel et d’avoir l’impression que j’ai une date limite. Je pensais que cela me forcerait à finir vite et donc à réussir ce premier défi.

Mais rapidement, les premières difficultés de structure se sont faites sentir… Et je vous le raconte ici!

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