Au pied du sapin : les livres et BD que j’y ai trouvé à Noël

LivresNoel

Cet article n’a pas pour but de vous raconter ma vie mais plutôt de partager avec vous certaines lectures qui valent le coup. Les six livres et bandes dessinées que je présente ici sont ceux que j’ai commandé et il y a à chaque fois une bonne raison pour ça. Entre histoires vikings, romans de corruption, découverte du vin et traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale, je suis sûre que vous y trouverez aussi de quoi lire.

Le tome 11 du manga Les Gouttes de Dieu

gouttes-de-dieu-11Créé par Tadashi Agi et Shu Okimoto, publié aux éditions Glénat, ce manga raconte les aventures de Shizuku, le fils d’un grand spécialiste du vin. A la mort de son père, Shizuku doit trouver douze bouteilles de vin exceptionnelles afin de pouvoir récupérer son héritage. Il est en concurrence avec Tomine, un jeune et brillant oeunologue qui n’a pas l’intention de le laisser gagner.

J’ai commencé cette série il y a au moins trois ans et on m’en offre toujours quelques tomes chaque année à Noël ou à mon anniversaire. Je n’en suis qu’au onzième mais en réalité, il y en a déjà 24 de publié en France et plus de 30 au Japon. J’adore ce manga parce qu’il y a des personnages plutôt sympas mais surtout une initiation au vin très ludique. Si, comme moi, vous avez tendance à être souvent à l’étranger, vous aurez remarqué comme cela peut decevoir les gens lorsqu’ils réalisent que le Français que vous êtes ne connait pas grand-chose au vin. J’ai commencé à m’intéresser à cette boisson et à vraiment l’apprécier par politesse pour ces étrangers qui me recevaient. Ce manga a été l’étape supérieure : on y apprend sans en avoir l’impression des tas de choses sur les grands vins, leur dégustation et les saveurs. D’éminents spécialistes du vin français préfacent même chaque tome! Malgré tout, cela reste une fiction et pas un documentaire déguisé, et c’est ça qui en fait la force. Je ne sais pas si je pourrais dévorer les 30 tomes d’un coup mais en lire quelques-uns de temps en temps est un vrai plaisir.

De toute façon, c’est le seul manga que je lis encore! J’ai été fan de mangas comme GTO, Love Hina, Mars, Fruit Basket, Monster, ES-Eternal Sabbath, mais je trouve maintenant trop dur de trouver un bon manga qui ne va pas me décevoir. Les Gouttes de Dieu est actuellement le seul qui m’apporte ce que je recherche quand je le lis. Si vous avez des suggestions, je suis preneuse!

La bande dessinée Deuxième Génération : ce que je n’ai pas dit à mon père.

CequejenaipasditCréée par Michel Kichka et publiée chez Dargaud, cette bande dessinée est un récit autobiographique passionnant sur le traumatisme de la Seconde Guerre Mondiale chez les enfants de déportés. Michel est né après la guerre mais son père est revenu des camps de concentration, seul survivant de sa famille. L’ombre de la Shoah plane ainsi toujours au-dessus de ses enfants, installés à Bruxelles.

Le sujet de cette bande dessinée est vraiment très important et trop négligé quand on parle de la Seconde Guerre Mondiale. L’auteur essaye de comprendre comment l’horreur vécue par ses parents a influencé la vie de ses frère et soeurs, et la sienne. Il raconte les cauchemars de son enfance, le sentiment qu’il devait quelque à son père le survivant, le rôle que tout cela a eu dans la construction de son identité de Juif et d’Israélien. Malgré le sujet, ce n’est jamais lourd, et pas toujours sérieux. Michel Kichka nous parle des petites choses du quotidien, de souvenirs personnels légers en même temps qu’il réfléchit plus largement. Il y a ainsi un très bel équilibre entre l’humour et l’émotion, la petite histoire et la grande.

Je l’ai déjà lu en entier et c’est vraiment une lecture que je conseille. J’y ai aussi découvert le syndrome connu de la « Seconde Génération », ceux qui souffrent d’un traumatisme qui ne leur est pourtant pas arrivé directement.

La bande dessinée La Sentence des Walkyries, série Kriss de Valnor tome 2.

SentenceDesWalkyriesthorgalJe vous ai déjà parlé de Thorgal dans mon précédent article sur les bandes dessinées. C’est une des bandes dessinées dont le dernier opus se trouve toujours parmi mes cadeaux d’anniversaire ou de Noël depuis des années. Ici, c’est un tome extrait d’une série dérivée, celle de Kriss de Valnor menée par Yves Sente et Giulio de Vita aux Editions du Lombard. Kriss de Valnor est la grande méchante de Thorgal, une guerrière hors pair et une archère adroite. Elle ne cesse de revenir lui pourrir la vie et celle de sa famille, mais pourtant, on finit par apprécier son personnage. Elle meurt dans la série principale dans un ultime acte de bravoure, ce qui lui vaut le droit d’aller au Paradis si elle passe le jugement des Walkyries. C’est le sujet de cette série dérivée : Kriss de Valnor raconte son passé et doit prouver qu’elle est digne de devenir une guerrière divine.

KrissdeValnorAu départ, je n’étais pas trop partante quand j’ai appris qu’il y aurait des séries dérivées de Thorgal. Je ne comprenais pas le principe et j’avais peur que cela soit trop commercial ou confié à de mauvais conteurs. La série de Thorgal a été scénarisée pendant près de 30 ans par Jean Van Hamme et je le disais l’article précédent, j’ai été tenue en haleine pendant des années par ses histoires mais je trouvais qu’il commençait à devenir un peu démodé. Le rôle des femmes n’a pas énormément évolué au fil des décennies et pendant très longtemps, la seule vraie figure féminine au potentiel héroïque était Kriss de Valnor… la méchante! Kriss se sort de toutes les situations, elle est forte, adroite, intelligente, belle, mais aussi égoïste et cruelle. Or avec sa série dérivée et quelques-uns des derniers épisodes, on découvre un nouvel aspect d’elle-même et une vraie histoire pleine de rebondissements. Dans ce tome 2, on annonce même qu’elle doit se tailler une place parmi les héros si elle veut pouvoir accéder au Paradis : c’est une évolution du personnage bienvenue!

J’ai découvert Thorgal quand j’avais huit ans avec la publication de l’album Aaricia dans le journal auquel j’étais abonnée. Aaricia est la femme de Thorgal et cet album raconte des histoires de son enfance où elle côtoie les dieux pour sauver son bien-aimé. Cette intrigue m’a tout de suite captivée. Une fillette courageuse et pleine de ressources qui va libérer un garçon dans un monde de magie? Le genre d’héroïne qu’on a envie de suivre quand on a huit ans. Sauf que dans la série principale, Aaricia n’est pas du tout comme ça. Elle est plutôt faible, se fait souvent capturer, créant des problèmes à Thorgal, elle est un peu hystérique, jalouse et rancunnière quand il s’agit de son couple, et elle a des propos plutôt niais qui sont censés en faire une bonne épouse et une bonne mère. L’antithèse de Kriss de Valnor en somme, d’ailleurs les deux femmes qui sont toutes les deux amoureuses de Thorgal, se haïssent profondément. En dehors d’Aaricia et Kriss, on trouve quelques personnages féminins secondaires, généralement amoureuses de Thorgal, parfois guerrières ou dotées de pouvoirs magiques mais pas vraiment marquantes. Dans le tome 16, Aaricia accouche d’une fille, Louve, qui développe le pouvoir de parler aux animaux. Le problème c’est que Louve semble avoir du potentiel mais qu’elle est négligée par les scénarios qui préfèrent mettre en avant son grand frère, un héros qui devient plus important que sa mère elle-même.

Tout ça pour dire que les albums Kriss de Valnor sont une vraie réussite pour rendre toute leur place et leur gloire aux personnages féminins.

La bande dessinée Colère Rouge, série Largo Winch, tome 18.

largoMerRougeCréée par Philippe Francq et Jean Van Hamme, et publiée aux éditions Dupuis, je vous ai déjà parlé de cette série dans mon article précédent sur les bandes dessinées. Comme pour Thorgal, il y a toujours quelqu’un pour m’offrir l’album le plus récent à Noël ou mon anniversaire. Colère Rouge est le dernier opus de la saga Largo Winch, cet orphelin héritier d’un multi-milliardaires qui navigue entre intrigues financières et meurtres internationaux. Il faut avoir lu le tome précédent Mer Noire pour bien en profiter, tous les albums de Largo Winch allant par deux. Ici, notre héros est accusé de trafic d’armes et part enquêter en Turquie sur un de ses employés.

Comme d’habitude, Largo Winch se lit facilement. Colorée, pleine d’actions et de personnages sympas, j’aime suivre cette série qui me donne l’impression de retrouver de bons amis à chaque fois. Par contre, le scénariste est le même que celui qui a créé Thorgal, et on le ressent bien dans le côté un peu macho de ses intrigues. Pour info, je me souviens d’interviews où il expliquait l’immense succès de Thorgal et Largo Winch chez les femmes par le fait qu’ils sont beaux et protecteurs, et que les femmes aiment se sentir protégées. Ou peut-être, ai-je envie de suggérer, qu’on aime l’action et l’intrigue en premier lieu, non? Bref, les femmes à poignes autour de Largo sont souvent méchantes ou sans intérêt érotique pour les héros hétérosexuels : la vieille secrétaire Pennywinkle ou la pilote lesbienne Silky sont parmi les seules vraies héroïnes récurrentes de l’histoire. Je l’ai particulièrement ressenti dans cet épisode où l’intrigue principale repose sur la vengeance amoureuse d’une belle femme géorgienne qui s’était jetée dans le lit du père adoptif de Largo Winch, une vengeance qui tourne à l’obsession et s’accompagne d’une ambition sans scrupule, et où l’intrigue secondaire suit Simon, le meilleur ami de Largo, qui doit épouser une fille moche pour échapper à la prison. On insiste bien en long, en large et en travers sur le fait que cette fille est vraiment trop moche, et que c’est trop horrible que Simon doive l’épouser. D’ailleurs, tous les hommes le comprennent et le plaignent. Quand il la plante au pied de l’autel parce qu’il a trouvé une autre solution pour se tirer d’affaire, c’est censé être drôle.

Je ne sais pas si c’est cet épisode ou si j’ai besoin de voir du renouveau dans l’univers de Largo Winch, mais je n’ai pas été aussi enthousiasmée que j’ai pu l’être avec d’autres tomes.

Le roman policier La Griffe du Chien de Don Winslow

la-griffe-du-chienJ’ai entendu énormément de bien de ce roman policier. Il parait que son auteur a écrit d’autres bouquins assez mauvais mais que celui-ci est vraiment époustouflant. Je ne l’ai pas encore lu mais c’est un sujet pour moi puisqu’on suit les trafics de drogues entre les Etats-Unis et le Mexique. Très documenté, palpitante, l’intrigue est censée nous révéler certains aspects concernant les trafics et la corruption.

Vous ne le savez pas encore, mais je suis assez engagée dans certaines causes et je suis convaincue que le sujet de la corruption est essentiel pour résoudre de nombreux problèmes. Quand j’ai vu le film American Gangster avec Denzel Washington et Russell Crowe qui parle du lien entre drogues et corruption, j’ai adoré la fin heureuse de cette histoire vraie, et ça me donne envie de lire plus sur les trafics de drogue.

Le récit d’otage en Colombie d’Ingrid Betancourt, Même le silence a une fin.

meme-le-silence-a-une-fin-ingrid-betancourtAdolescente, j’admirais Ingrid Betancourt. Je me souviens avoir écrit une rédaction sur elle au lycée quand j’ai dû faire l’éloge d’un héros. Sa lutte contre la corruption, le fait qu’elle soit une femme en politique qui se batte pour changer les choses dans son pays, son abnégation qui est allée jusqu’à sa prise d’otages, tout ça me touchait sincèrement.

Progressivement, elle est devenue une vraie célébrité en France avec sa capture par les rebelles FARCS et sa libération avait été un soulagement pour beaucoup d’entre nous. Mais ensuite, la tempête médiatique s’était abattue sur elle : on lui reprochait d’être ingrate envers ceux qui l’avait libérée, d’avoir lâché son mari qui avait tant fait pour elle, d’être mesquine et radine… Les témoignages d’otages à ses côtés avaient commencé à se multiplier : Ingrid Betancourt était une vraie garce en captivité. La presse, d’héroïne pure en a fait une vraie mégère sans scrupule, publiant à l’envi des extraits et interviews qui la mettaient en cause. J’ai été déçue d’avoir admiré une femme qui en fait ne le méritait pas, comme on semblait vouloir me dire.

Puis son livre est sorti, j’ai fini par en lire des extraits et là, j’ai regretté d’avoir écouté les journaux. Ingrid Betancourt est une survivante d’un monde où l’enfer c’est les autres. Elle a refusé de céder à la pression médiatique, de répondre aux insultes, de publier à la va-vite un livre pour se refaire une santé financière. Son récit est plein de recul, de subtilité, de finesse. Contrairement aux autres otages qui ont raconté leur récit à vif, parfois encore sous le coup des sentiments violents qu’ils ressentaient en captivité, elle a attendu avant de jeter ses souvenirs en pâture aux médias. Cela lui donne une certaine sagesse dans ses propos et cela fait de son récit une vraie réflexion sur la condition d’otage, de victime.

Je ne l’ai pas encore lu en entier, mais c’est un récit important sur la sens de l’humanité et la privation de liberté, un livre qui nous renvoie à la figure le fait que nous attendons trop des héros modernes, les jetant aux orties à la moindre déception, sans jamais nous remettre nous-mêmes en cause. Ingrid Betancourt a tenté d’aider son pays, on l’a admirée pour ça. Elle en est revenue brisée, on lui a reproché de ne pas être assez forte. Mais nous, qu’avons-nous fait pendant tout ce temps à part publier sa photo sur l’Hôtel de Ville?

***

Et vous? N’hésitez pas à poster en commentaire des liens vers vos articles si vous avez aussi parlé de ce que vous avez reçu à Noël sur votre blog!

Advertisements

8 réponses à “Au pied du sapin : les livres et BD que j’y ai trouvé à Noël

  1. Sympatoche, ce père NOËL !

    En revanche, comme suggestions de mangas, je peux te proposer « Thermae Romae » (mélange très ironique entre le Japon et Rome), « Planètes » (The Best), « Dragon Head » (des lycéens en frayeurs).

      • De rien ! (Je peux aussi t’en suggérer d’autre aussi)

        C’est surtout le meilleur manga de l’année 2012 (et c’est imaginé par unE mangaka, je crois que ça ira bien avec la logique de ton blog).

        Je n’y manquerai pas (donc) de lire ton avis sur Thermae Romae.

        (Il existe un site Coinbd.com. C’est une mine d’or pour découvrir de nouvelles BD (c’est très bien fait). Tu peux y participer. Ce n’est pas interdit aux femmes 😉 ! )

  2. En BD, je te conseille : « s’enfuir » de Guy DELISLE, basé sur un témoignage d’un ex-otage. En Manga, j’aime beaucoup : « assassination classroom », cela parait enfantin, mais les évolutions de personnages sont fines et l’humour est omniprésent. Attention : 14 tomes parus en France, encore en parution au Japon. Ayant lu tes post sur les princesses et les contes de fées : « Garulfo », « De capes et de crocs » devraient te plaire (Ed. Delcourt), ainsi que « Beauté » (ed. Dupuis) : postulat, que devient-on quand on laide mais aussi très bête et qu’une ‘bonne fée » vous donne le don de beauté absolue ? et « Morgane » (ed. Delcourt/mirages), une relecture des mythes de la Table Ronde, du point de vue de la célèbre fée Morgane (d’où le titre). Ah, et aussi « Milady de Winter » (ed. Ankama), une relecture des trois mousquetaires, du point de vue de Millady, un régal…
    J’ai encore plein d’idées, mais prend ton temps, au pire, tu rediras…

    • Merci pour tous ces titres Olga! Je ne connais que De capes et de crocs et Beauté 🙂 Je suis une grande fan des aventures de la Table Ronde et j’en ai ma propre vision donc je suis souvent déçue des nouvelles adaptations mais pourquoi pas jeter un coup d’oeil à la BD Morgane 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s