Tome 14 de Tamara: une BD pleine de bons sentiments mais plus que maladroite

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Au mois de janvier, le magazine Spirou que je lis assidûment prépubliait le dernier épisode de la BD Tamara créée par Darasse et Zidrou. Plusieurs éléments m’avaient particulièrement choquée dans cette série que je n’ai jamais porté dans mon coeur. J’avais alors commencé à écrire cet article mais j’avais abandonné rapidement. Sauf que je viens d’apprendre que Tamara est adaptée en film et sortira en octobre dans nos salles! Même si la polémique actuelle porte sur d’autres éléments (le fait que le film standardise ses personnages en les rendant plus blancs et plus minces que dans la BD, voir ici et ici), je pense qu’il est quand même bon d’exercer un oeil critiques sur certains problèmes de cette série maintenant qu’elle va toucher un public plus large.

Je connais la BD Tamara depuis ses premières apparitions dans les pages de Spirou, à l’époque où elle s’appelait Tamara Boula. Je comprends son succès. Je n’aime pas son propos mais pourtant, je la lis à chaque fois qu’elle parait dans Spirou. Le dessin est attrayant, on rentre facimement dans l’univers, le découpage scénaristique est prenant. Et contrairement à plein d’autres fictions, elle offre une galerie de personnages très diversifiés en matière d’origine, de sexualité ou de physique (ce que le film semble passer à la trappe). Pourtant, beaucoup de choses de me gênent.

Au fil des ans, j’ai relevé plusieurs thématiques mal traitées. Je ne pourras pas toutes les citer de mémoire mais je me souviens par exemple que j’avais trouvé de mauvais goût que Diego, le beau gosse du lycée qui tombe sous la charme de Tamara la quasi-obèse, révèle plus tard qu’il la trouve très belle car il est fan des rondes. On réalise ensuite que Diego est un ancien obèse issu d’une famille de gros. En fait, il est « fétichiste » des grosses et c’est franchement pas si flatteur. J’aurais préféré qu’il soit attiré par Tamara sans qu’il y ait une histoire de famille derrière justifiant son intérêt pour les gros. Parce que oui, c’est possible d’être séduit par une fille très grosse parce qu’elle a un joli visage, que sa vivacité, son enthousiasme, son humour illumine son corps, que sa façon de bouger soit sensuelle etc. Mais non, Diego était juste obsédé par les « formes » et c’était censé être un message positif! Le traitement de l’avortement m’avait également semblé très maladroit mais je ne me souviens plus des détails…

Stéréotypes sur les musulmans, traitement des agressions sexuelles, moqueries sur le genre : tout ce que le final du tome 14 a fait de travers

La conclusion de l’album 14 « Amies pour la vie » concentre tout ce qui me dérange dans cette série. En proie à un chagrin d’amour, Tamara ne réalise pas que sa meilleure amie Jelilah se fait séduire par leur professeur remplaçant, un trentenaire magnifiquement beau mais aussi très manipulateur. Alors que ce professeur, M. Olivier, est pris sur le fait avec Jelilah, il l’accuse d’être une séductrice et cette dernière est renvoyée de l’école. Pendant ce temps-là, Tamara qui est devenue une excellente danseuse orientale, défend son amie et se prépare pour un spectacle.

Les parents de Jelilah : des Maghrébins clichés

C’est vraiment bien de montrer des enfants de différentes origines et des parents de différentes cultures. Sauf que les parents de Jelilah sont des stéréotypes. Quand j’étais petite, j’avais écrit une lettre à Spirou en regrettant le fait que toutes les mères étaient représentées au foyer dans ses pages. La rédaction m’avait expliqué que la caricature sert à grossir la réalité, que beaucoup de femmes étant au foyer, il faut les représenter. Sauf qu’il y a une différence entre une blague qui repose sur des traits de caractères, comme par exemple le père de Tamara qui est un ténor d’opéra imbu de lui-même, et une blague qui repose sur des stéréotypes ethniques. Dans le premier cas, c’est bien une caricature. Dans le second cas c’est une caricature raciste. Oui, je suis désolée de le dire, quand on utilise des clichés sur les musulmans et sur les Maghrébins pour faire des blagues, ce sont des blagues racistes. Alors c’est sûr que les parents de Jelilah sont très sympathiques. Mais on peut faire des représentations racistes avec les meilleures intentions du monde.

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D’abord, le père et la mère de Jelilah ont une manière de s’habiller différente des autres personnages. Je ne parle pas du voile de la maman mais bien de la tenue du père qui n’est quand même pas croisée si fréquemment en France. Surtout qu’a priori, Jelilah est née en France donc ses parents sont là depuis un moment. Mais à la limite pourquoi pas. Toutes les familles immigrées ne changent pas de style vestimentaire et c’est cool si les parents de Jelilah se sentent libres de choisir les vêtements de leur choix.

Par contre, ce qui me gêne beaucoup c’est la manière dont les parents de Jelilah parlent de leur fille. Ils veulent qu’elle « préserve sa vertu », l’empêchent de sortir, lui font des sermons religieux. Bref, ils correspondent à l’image cliché des musulmans qui donnent peu de libertés aux femmes et contrôlent leur sexualité. Alors c’est sûr que les auteurs montrent « avec humour » que les parents sont en fait très fantaisistes et pas si conservateurs lorsque leur fille à le dos tourné. C’est censé prouver que ce ne sont pas des conservateurs fanatiques. Sauf que ça renforce également le cliché des musulmans fervents qui sont hypocrites dans leurs sermons et ne respectent même pas ce qu’ils imposent aux autres.

Ensuite, Jelilah est une lycéenne, je suppose mineure, qui s’est fait séduire par son professeur manipulateur. Son professeur l’a poussée à mentir à ses parents et a eu des relations intimes avec elles. Quand il s’est fait surprendre, il a accusé Jelilah d’avoir cherché à le séduire en échange de notes et a provoqué son renvoi du lycée ainsi que le mépris de tous ses camarades. Outre le comportement de salaud de ce personnage, c’est surtout un cas passible de poursuites judiciaires. En effet, le professeur Olivier est un adulte exerçant par sa fonction une autorité sur son élève Jelilah. En droit français, une telle situaiton peut être assimilée à une atteinte sur mineure et peut valoir trois ans de prison et 45 000 euros d’amende.

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Pourtant, que font les parents de Jelilah? D’abord sa mère la félicite de s’être « préservée ». Au lieu de s’inquiéter de l’agression dont aurait pu être victime sa fille, elle se préoccupe de sa virginité. Encore un cliché sur les musulmans : le plus important c’est la virginité des femmes, pas leur confort moral.

Ensuite, son père décide de régler la situation… en emmenant toute la famille rendre visite à une sorcière pour que celle-ci lance un sort au professeur. La mère souligne que son mari croit beaucoup aux talents de cette sorcière qui les accueille en leur proposant une chicha (ai-je besoin de préciser qu’il s’agit là d’un cliché lié aux origines des personnages?). Donc tout ce que fait le père pour protéger sa fille et obtenir justice c’est de recourir à des superstitions qui ne marchent pas vraiment selon sa femme? Là, on est dans le cliché sur les populations non-occidentales et les populations maghrébines dans ce cas précis. Au lieu d’être dans le rationnel, de contacter l’établissement scolaire et la police, le papa de Jelilah croit au pouvoir de la magie. Ce n’est pas un problème en soi, chacun ses croyances! Cependant, celles-ci sont clairement tournées en dérision puisque sa femme suggère que la sorcière n’est pas du tout efficace. Même si la scène est « sympathique », elle ne montre pas un père responsable, elle renforce l’idée de l’immigré pas très futé et en retard sur la modernité.

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Les agressions sexuelles : un truc qui se résoud en ridiculisant l’agresseur

Plus tard dans l’épisode, le professeur qui a déjà sévi avec Jelilah s’en prend à Tamara. Il entre dans son vestiaire pendant qu’elle se déshabille et commente son corps. Dois-je rappeler qu’il s’agit d’une scène entre un adulte avec autorité et une héroïne a priori mineure?

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Après le numéro de Tamara, le professeur la suit dans les coulisses et tente de l’agresser sexuellement. Jelilah était consentante mais le lien d’autorité entre le professeur et elle signifiait tout de même qu’il y avait atteinte sur mineure. Dans le cas de Tamara, elle n’est même pas consentante. Il s’agit donc d’une tentative d’agression sexuelle, d’attouchements et de proposition sexuelle à une mineure. En droit français, le professeur pourrait être puni de 5 ans d’emprisonnement et de 150 000 euros d’amende.

Or, Tamara a au moins un témoin, son ex-petit ami Diego qui a tout vu, et elle peut mettre en avant le témoignage concordant de Jelilah. Il y a donc suffisamment d’éléments pour inculper ce professeur. Et je passe sur le côté plus que moyen du scénario éculé qui fait que Tamara a besoin d’être « sauvée » du possible viol par un jeune homme amoureux d’elle…

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Informé de la situation, le proviseur du lycée prend la défense de Tamara. Il s’excuse d’avoir renvoyé Jelilah du lycée et décide de punir le professeur… en le faisant danser habillé en tenue de danse orientale devant tous les élèves! Autrefois adulé par le lycée, le professeur est maintenant absolument haï. Comme justice est rendu grâce à cette humiliation, la mère de Jelilah conclut l’affaire en invitant le proviseur à manger un couscous, car bien sûr c’est ce que font les mères marocaines. Et en plus, tout le monde a l’air de trouver incroyable que le proviseur se soit excusé personnellement d’avoir viré Jelilah! Fin de l’histoire.

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Je me souviens d’une époque où les auteurs de Tamara se félicitaient de présenter un modèle pour les jeunes filles. Ils avaient même ouvert un blog où elles pouvaient se confier et partager leurs problèmes. Or le message qu’ils font passer ici est tout sauf positif. L’agression commise par le professeur est très grave mais pourtant, la justice ou la police n’est jamais impliquée.

Par ailleurs, si le professeur n’avait pas bêtement tenté d’agresser Tamara après avoir été surpris avec Jelilah, la jeune fille n’aurait pas pu obtenir justice. Elle se serait contentée de l’aide douteuse d’une sorcière et aurait subi un renvoi du lycée accompagné d’une réputation de séductrice de professeurs. Le message envoyé par cette aventure c’est « les agressions sexuelles, ça se règle entre nous ». Une jeune fille qui lit ce numéro n’y trouvera pas un message positif l’encourageant à parler et à demander justice.

A la fin, le professeur est simplement humilié. Qu’est-ce qui prouve qu’il ne recommencera pas? Quant au proviseur, c’est presque une bonne blague qu’il vienne s’excuser. Pourtant, il aurait pu avoir des ennuis pour n’avoir pas réagi à temps face aux relations entre Jelilah et M. Olivier.

D’autre part, pourquoi avoir estimé que le châtiment le plus drôle et le plus humiliant serait de faire danser le coupable en public habillé en femme? Parce qu’avoir l’air d’une femme c’est humiliant? Parce qu’il n’y a rien de plus ridicule qu’un homme perçu comme effeminé? C’est vraiment un message constructif à envoyer à de jeunes lecteurs? En tout cas, ça n’apprend pas à sortir des stéréotypes de genres… Alors que la BD Tamara semble très préoccupée par l’idée de montrer qu’il n’y a pas une seule manière d’être!

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Bref, cette courte analyse du final du tome 14 n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce qui me gêne dans la BD Tamara. Les auteurs ont plein de bonnes intentions mais j’ai l’impression qu’ils maitrisent vraiment très mal les subtilités des thèmes qu’ils décident d’aborder! Espérons au moins que le film ne reprendra pas cette maladresse qui peut presque faire plus de mal que de bien!

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7 réponses à “Tome 14 de Tamara: une BD pleine de bons sentiments mais plus que maladroite

  1. Bonjour,
    Merci pour ton analyse toujours aussi percutante, pointue et vrai.
    C’est vrai qu’il y a beaucoup de clichés, de maladresses dans les extraits que je viens de lire. Encore à notre époque. Juste incroyables que ces gens s’adressent en plus à un jeune public.

    • Merci pour ton passage Mouna! Parfois, les BD pour un jeune public sont encore plus maladroites et clichés je trouve. Les auteurs simplifient leurs propos en pensant s’adapter à leur lectorat mais ce n’est pas forcément une très bonne idée…

  2. Moi ce genre de chose me fait peur ,
    comme si « la prostitution » devient de plus en plus commun.Et que surtout il y est des pedophiles et que les jeunes filles se laissent faire.On est bien d’accord qu’avant ce genre de BD n’existait pas vraiment , alors pourquoi stereoptyper des « futures problemes » dans notre societe ?
    (desole si je me suis mal exprime)

    • Bonjour Lucie,
      Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire. Les extraits que j’ai publiés ne parlent pas de prostitution. Mais peut-être voulais-tu plutôt parler d’agression sexuelle? Ensuite, on ne parle pas de « pédophile » dans les cas mentionnés car Tamara et Jelilah sont supposées être suffisamment âgées pour avoir des relations sexuelles avec consentement (elles ont plus de 15 ans), y compris avec un adulte. Cependant, leur professeur a une position de pouvoir par rapport à elles donc comme elles sont mineures, la loi interdit à une personne exerçant un « ascendant » d’avoir des relations sexuelles avec elles. C’est ce qui est grave pour le cas de Jelilah. Pour le cas de Tamara, ce serait grave même si elle était adulte car il ne respecte pas son consentement : elle ne veut pas de relation avec lui et il essaye de la forcer.
      Enfin, tu dis « les jeunes filles se laissent faire » et je ne sais pas non plus ce que tu veux dire par là. Jelilah ne s’est pas « laissée faire ». On ne voit pas le reste de la BD mais elle est attirée par son professeur et c’est lui qui vient vers elle. Jelilah n’a pas de raison de « se défendre » puisqu’à première vue, la situation lui plait, mais son professeur, lui, n’a pas le droit d’agir comme il le fait. Par ailleurs, Jelilah n’est qu’une adolescente et son professeur la manipule, elle ne se rend pas compte qu’il la place dans une situation compliquée! On ne peut vraiment pas lui reprocher de se « laisser faire ». C’est le professeur qui est responsable.
      Pour Tamara, elle est victime d’une tentative d’agression sexuelle. A partir de là, on ne peut pas regretter qu’elle « se laisser faire ». Une victime d’agression réagit comme elle.
      L’expérience de Jelilah et de Tamara avec leur professeur n’est pas farfelue. Elle peut parfaitement exister dans la vraie vie. Il ne s’agit donc pas de « futurs problèmes » de notre société mais de problèmes qui existent aujourd’hui et ne sont pas non plus nouveaux. Ce que je reproche à la BD, c’est de traiter ces problèmes avec beaucoup trop de légèreté en ne faisant pas prendre les actions qui s’imposent aux adultes de l’histoire, et de présenter l’histoire de Jelilah avec beaucoup de clichés racistes. Les situations décrites existent dans la réalité mais la réaction des personnages et leur traitement me paraissent très mal faites.

  3. « Pleine de bons sentiments mais plus que maladroite »: voilà une expression qui résume parfaitement ce que je pense de cette bande dessinée. J’avoue, moi aussi je la lis quand je la vois dans Spirou (il faut lui accorder qu’elle reste très plaisante dans le dessin, dans le style de narration et de mise en scène), mais que malgré une envie évidente de traiter de sujets sensibles de manière ludique, ça a plus d’une fois viré au cliché mal maîtrisé. Déjà, il y a comme un côté moralisateur dans le ton (là où Les Nombrils, bédé avec laquelle il est facile de comparer Tamara, laisse le lecteur dans la position d’un observateur et le laisse tirer les conclusions lui-même sans lui faire la leçon). Mais oui, ça veut parler de diversité, et l’intention est plus qu’honorable (et c’est déjà bien d’y penser, tout le monde ne fait pas cet effort), mais ça dépasse rarement les stéréotypes, qu’ils soient sur le genre, l’ethnie, la sexualité, etc. Et en effet, le final de ce tome 14 était une apothéose à ce point de vue.
    Je me rappelle aussi d’un gag (peut-être pas dans ce tome, je ne sais plus) où Yoli faisant changer son programme à son institutrice parce qu’il n’y avait pas assez de personnages racisés à son goût (dans un cours d’Histoire de France…). Elle y parvenait, et elle et sa pote se félicitaient parce que ça faisait moins à étudier, youpie! Je comprends que l’intention était de traiter du racisme (mais prêter des intentions de discrimintation à l’institutrice dans ce contexte était franchement à côté de la plaque), et tout ce que j’ai vu concrètement, c’est une sale gamine prête à utiliser n’importe quel prétexte (sans vraiment réfléchir à la réalité derrière) pour tirer au flanc (ce que je ne pense pas que Yoli soit).

    • Bonjour Campanita,

      Effectivement, j’avais oublié ce gag sur Yoli et les cours d’Histoire mais ça m’avait énormément choquée sur le coup. Je ne sais pas si les auteurs se sont rendus compte qu’ils tournaient en ridicule certaines revendications parfaitement légitimes et les discréditaient avec cette chute. Au début, on se dit « ah c’est bien, ils parlent d’un sujet important »… pour finalement suggérer que les « militants » (représentés par Yoli et sa copine) se battent pour ce genre de sujets parce qu’ils sont tire-au-flanc et qu’en réalité ils s’en fichent pas mal. C’est un reproche fait suffisamment souvent aux gens qui défendent une cause politique que je ne peux pas m’empêcher de soupçonner les auteurs d’y voir une part de vrai… Cette planche amorçait une réflexion chez le lecteur « tiens c’est vrai, Yoli a raison, on ne voit pas assez de personnages noirs dans les livres d’Histoire! » mais les auteurs la balayent d’un geste à la fin « LOL non en fait c’est pas vraiment important ahahah ». Quand on voit ça, on se dit qu’ils ne maitrisent vraiment pas les sujets de société qu’ils veulent traiter.

      Pour Les Nombrils, je suis tout à fait d’accord avec toi. Les auteurs parviennent à équilibrer notre empathie pour les personnages avec le fait qu’on n’approuve pas forcément leurs actions. Je pense qu’ils prennent parti (ex: Dan a eu tort de faire ça à Karine, Karine se laisse trop faire, Vicky et Jenny sont des pestes etc.) mais la différence, c’est que les personnages ont une personnalité et une histoire en réalité bien plus nuancée que les stéréotypes apparents de la grande asperge, la belle gosse stupide, la peste, le lover etc. qu’ils sont censés représenter. C’est aussi que les auteurs ont une vision plus cynique de leur univers, avec des personnages forcément un peu défectueux, du coup on est encouragés à regarder leurs actions avec un oeil critique, ce qui n’est pas le cas de Tamara qui est beaucoup plus manichéen.

  4. Bonjour, je découvre votre blog. Merci beaucoup de vos analyses et vos différents sujets (je n’ai pas encore tout lu). Je suis entièrement d’accord sur votre analyse de Tamara et des Nombrils (deux BD que j’aime beaucoup et que je lis régulièrement). Pour rebondir sur le dernier commentaire, j’ajouterai que Tamara se destine à un public plus jeune que les Nombrils et que du coup, il y a plusieurs niveaux de lecture dans les Nombrils (alors qu’il n’y en a qu’un dans Tamara). Du coup, on simplifie et on dédramatise beaucoup plus dans Tamara. Mais vous avez raison, les meilleures intentions du monde amènent des messages dangereux et Zidrou (qui par ailleurs a énormément de talents, je vous laisse découvrir ses albums dont la vieille dame qui n’avait jamais fait de tennis ou Lydie) perd de vue l’essentiel, à savoir que ce sont justement des jeunes enfants (et sans doute des filles) qui vont retenir ces messages.

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