Challenge 25 heures de cours de langues en deux mois: ai-je progressé?

J’en parlais en juin : j’ai participé au Challenge des Langues du site Italki pendant deux mois. Le but était de suivre 25 heures de cours individuel par Skype avec l’un des profs disponibles sur la plateforme entre le 1er juin et le 31 juillet. On pouvait choisir le format de cours, la ou les langues et le ou les profs de notre choix, pourvu que le total fasse bien 25 heures. Si on réussissait à accomplir toutes les heures comme prévu, on avait droit à un petit bonus d’une trentaine d’euros. Au final, ça a bien été mon cas : j’ai fait pile-poil 25 heures sur Italki avec une petite « triche » puisque j’ai fait 24 heures de ma langue cible et 1 heure d’une autre. Maintenant est-ce que ça a été efficace? La réponse est oui même si c’est difficilement quantifiable. Je vais essayer d’expliquer tout ça dans cet article.

Au total, voilà combien de temps j’ai consacré à cette langue pendant deux mois :

  • 24 heures sur Italki + au moins 2 heures d’extra avec une des profs
  • 7 heures avec une autre prof trouvée sur Verbal Planet
  • 14 à 15 heures consacrées à apprendre du vocabulaire sur Anki
  • Au moins 13 heures consacrées aux devoirs à la maison

Soit un total de plus de 60 heures de travail sur cette langue, et je ne compte pas là-dedans le temps pour relever le vocabulaire inconnu et l’enregistrer dans Anki par exemple. Cela m’a coûté environ 330 euros en leçon : 230 chez Italki et 100 pour mon autre prof (la plus chère).

Est-ce que j’ai progressé?

Même s’il est difficile d’évaluer mes progrès à vue de nez (je n’ai finalement pas fait de vidéo), il y en a un qui est clair et net : la confiance en moi.

Je n’osais pas parler dans cette langue à moins de ne pas avoir le choix autrefois (parce que j’étais gênée, je lui préférais l’anglais, même dans le pays) et sur toutes mes années de pratique, je me suis quasiment toujours revendiquée comme « niveau débutant » (sauf à une période où j’avais atteint un niveau correct mais j’ai arrêté d’apprendre peu de temps après). Aujourd’hui, je trouverais ce label débutant exagéré. Je ne suis clairement pas une débutante, à moins d’utiliser ce mot par très grande humilité. Je ne parle pas encore couramment et je fais beaucoup de fautes mais une débutante parle encore moins bien. Je suis aussi certaine que je me sentirais tout-à-fait à l’aise pour parler cette langue à un natif plutôt que l’anglais, à moins que les circonstances ne s’y prêtent pas.

C’est un énorme pas en avant, notamment parce que la confiance et l’assurance m’a toujours énormément ralentie dans la pratique linguistique. Comme beaucoup de Français, j’ai pendant longtemps eu l’impression que ce n’était pas approprié de m’exprimer dans une langue si je n’étais pas capable de la parler parfaitement. Le fait de très bien parler anglais avait aussi fini par être un obstacle à ma progression dans les autres langues : je me déculpabilisais en me disant que je faisais un effort pour aller vers l’autre en ne parlant pas ma langue natale et en même temps, c’était quasiment aussi facile pour moi de communiquer en anglais qu’en français… A force de manquer de confiance pour les autres langues, l’anglais est devenu une sorte d’armure, d’excuse.

Aujourd’hui, quelqu’un m’a demandé « Mais tu parles cette langue? ». Avant, je répondais « Pas très bien mais un peu ». Cette fois, j’ai répondu « Oui. Pas comme l’anglais mais oui. »

En dehors de ma confiance en moi, je connais plus de vocabulaire désormais : c’était vraiment une grosse lacune. En utilisant le petit programme de mémorisation séquentielle Anki, j’ai appris plus de 750 nouveaux mots. Alors bien sûr, il y en a que j’oublie régulièrement et d’autres que je ne reconnais pas forcément en contexte réel. Mais dans l’ensemble, j’ai un vocabulaire plus varié et je suis toujours fière d’arriver à utiliser un mot que j’ai appris récemment ou de mieux lire des textes grâce à ça.

Des anecdotes qui m’ont fait plaisir

Parmi mes petites fiertés, il y a eu deux moments. Pendant l’un des derniers cours, j’ai mis en route l’enregisteur vocal de mon ordinateur et j’ai discuté avec ma prof sans plus m’en préoccuper. Plus tard, j’ai tout réécouté… et ça faisait plutôt plaisir! Je parlais la langue de manière imparfaite et en faisant des fautes, certes, mais en étant vraiment engagée dans une conversation 100%, en répondant avec fluidité aux questions et en parvenant à raconter en détail des événements de ma vie. L’enregistrement m’a permis de prendre du recul, de porter sur moi-même le regard que je porterai sur une autre fille que j’entendais parler cette langue. Et si j’entendais une fille parler comme ça, j’ai réalisé que je me dirais : elle se débrouille bien! Alors il y a encore du boulot mais cela fait du bien d’éprouver ce genre de satisfaction.

Mon autre moment de fierté c’était en lisant un article de journal français sur un fait divers. Il y avait quelque chose que je trouvais bizarre dans les propos qui étaient rapportés traduits et avaient été visiblement tenus dans la langue que j’apprends, justement. Comme l’article en langue original était en lien, j’ai décidé de tenter le coup et de jeter un coup d’oeil moi-même. Et finalement, je n’ai pas trouvé ça si compliqué. Bien sûr, il y avait quelques mots à traduire mais dans l’ensemble, je comprenais parfaitement ce qui était dit et… je pouvais même affirmer que les propos d’origine avaient été totalement déformés! Quelle petite fierté que de réaliser qu’on a les compétences pour répérer les erreurs d’un journaliste! Je ne suis pas sûre que j’aurais lu cet article avec autant d’aisance il y a deux mois. La lecture a toujours été pour moi un peu compliquée, notamment à cause de mes grosses lacunes en vocabulaire qui m’obligeait à m’arrêter tous les deux mots pour regarder dans le dictionnaire… souvent sans trouver ce que je cherchais.

La fin : le plus difficile

Le premier mois et demi, je débordais d’enthousiasme. J’aurais pu avoir cours tous les jours avec plaisir si ça ne m’avait pas un peu empêché de sociabiliser avec les gens de la vie réelle. Je me réjouissais chaque fois que je programmais une leçon. Je me disais « ce challenge est facile et je continuerai sûrement à ce rythme après ». Mais au cours des deux dernières semaines, j’ai commencé à avoir envie de prendre des pauses dans mon apprentissage, ce que me conseillait activement une de mes amies polyglottes. Sauf que comme il ne restait plus que deux semaines, mon timing pour finir le challenge était de plus en plus serré et je ne pouvais pas du tout m’arrêter!

Je reconnais que de conclure ma 25e heure de cours était un soulagement et que je n’ai pas reprogrammé de cours depuis (mais c’était seulement il y a deux jours). J’avais vraiment besoin de ralentir le rythme, de souffler un peu. Il faut dire aussi que le premier mois, j’ai fait un total de 12 heures de cours (toutes plateformes comprises) contre 19 le second mois. Et qui dit 19 heures dit aussi plus de travail personnel à faire pour préparer chaque cours. Bref, au mois de juillet, presque chaque jour de semaine après le travail, je me dépêchais de faire mes devoirs avant d’enchainer sur une heure de cours et ne pouvais donc pas me détendre avant le dîner.

Conclusion

Maintenant, je pense que je vais un peu espacer mes cours pendant une ou deux semaines avant de décider si je maintiens le rythme à 2 ou si je pousse jusqu’à 3 heures par semaine. De toute façon, mon objectif est maintenant de me lancer sur une seconde langue en parallèle. Donc je vais continuer à apprendre activement car je commence à me parler un peu à moi-même dans ma nouvelle langue et j’aime ce sentiment qui montre que j’absorbe les connaissances.

Et cela ne m’a pas fait gagner confiance seulement dans cette langue mais aussi dans les autres. Comme je l’ai dit, sur les 25 heures, j’ai « triché » (même si c’était autorisé par les règles mais ce n’était pas mon objectif) en optant pour heure d’espagnol, une langue pour laquelle je n’ai jamais eu un niveau très avancé et que je n’avais pas parlé depuis près de dix ans. Quelle n’a pas été ma surprise de constater que je parvenais à répondre aux questions du prof et à ne pas trop m’embrouiller! Puis quand j’ai raconté ça à une amie hispanophone, je me suis aussi amusée à faire des bouts de phrase en espagnol et à les mélanger à mon récit en français… Quelque chose que je n’aurais jamais osé faire à un aussi bas niveau avant. Mais maintenant, je me sens légitime et décomplexée à pratiquer les langues que j’apprends!

Ah oui et dans mon premier article sur le sujet, je préférais Verbal Planet à Italki, sauf pour le prix… Maintenant c’est l’inverse, j’adore Italki, je trouve la plateforme très pratique, bonne marché et accueillante. Je commence aussi à ressentir l’aspect « communauté »!

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10 réponses à “Challenge 25 heures de cours de langues en deux mois: ai-je progressé?

  1. Très intéressant ton bilan En ce moment j’apprends l’Italien en autodidacte avec la méthode Harrap’s qui est vraiment bien faite. Je trouve quand même qu’il faut un certain budget pour utiliser ces sites mais le principe est sympa. J’essayerais certainement un jour car j’apprends le russe aussi et ça me demande bien plus de concentration et présuppose aussi de communiquer pour évoluer + vite 😀
    Si c’est pas indiscret, à part l’espagnol, qu’elle l’autre langue que tu apprends ?

    Ps : merci pour le lien pour le site Anki, je connaissais pas du tout et c’est très utile ^^

    • C’est vrai qu’il faut un budget mais le prix que j’ai annoncé c’était pour le Challenge donc une moyenne d’un cours tous les deux jours environ. Sinon, tu peux t’en tirer pour 10 euros de l’heure (voire moins) et si tu prends un cours par semaine ça te fait donc dans les 40 euros par mois. C’est sûr que tout le monde ne peut pas sortir cette somme-là mais perso, je considère ça comme un investissement qui va t’ouvrir des portes plus tard. D’autant plus que les cours sont particuliers, ce qui permet une bonne progression.
      Mais sinon comme je le disais dans un article précédent, tu peux aussi faire des échanges de langues gratuits sur Italki. Donc si tu ne veux pas payer mais que tu veux pratiquer ton italien, tu peux échanger 30 minutes d’italien contre 30 minutes de français 😉

      Et puis c’est vrai que moi en autodidacte je me connais bien maintenant. Je finis par arrêter malgré toute ma motivation parce que ça m’ennuie un peu, je n’arrive pas à me discipliner et je trouve ça trop « théorique ». J’aime bien Assimil, je trouve que c’est un apprentissage vivant mais quand j’ai appris à comprendre des tas de dialogue… ensuite je ne l’utilise avec personne : c’est frustrant!
      Donc il faut avoir la personnalité pour l’autoformation 😉

      La langue que j’apprends c’est le russe justement. J’ai commencé il y a 15 ans et j’en ai fait au moins 7 ans donc il était temps que ça bouge :/

      • Tu dois avoir un super niveau de russe dit ! Perso ça fait 1 an que j’ai commencé des cours, c’est une très belle langue mais qui me demande un travail de tous les instants 🙂
        Le truc c’est qu’en autodidacte, je trouve ça très dure d’évoluer dans cette langue. Ce n’est pas comme l’italien, l’anglais ou même l’espagnol car l’alphabet est commun, il y a certains mots transparents.Sans le savoir on a déjà pas mal de vocabulaire. Mais les langues comme le russe je trouve que sans prof, sans communication ou sans immersion c’est très dur de progresser …

        Apprends tu toutes ses langues pour le plaisir ou c’est un impératif professionnel ?

        • Comme je le dis dans l’article, mon niveau n’est pas aussi bon que le nombre d’années d’apprentissage que j’ai aligné malheureusement :/ Par contre j’ai eu la chance d’avoir une très bonne base grammaticale… Mais ça ne suffit pas pour parler!
          Et oui, c’est vrai que je la trouve plus compliquée à bien assimiler que l’anglais ou l’espagnol parce que le système est très différent. L’alphabet, ce n’est pas trop un problème. Une fois que tu le connais, ça devient limpide et tu ne peux pas vraiment l’oublier. Par contre, c’est vrai que je galère souvent à apprendre le vocabulaire parce que la sonorité, la morphologie et l’origine sont tellement « étrangers ». Parfois, j’ai l’impression d’apprendre bêtement des sons en espérant que ça finira pas s’imprimer dans ma tête comme un mot (et bon, ça finit toujours par le faire 😉 ).
          Comme je le disais dans mon commentaire précédent, faire les trucs en autodidacte, je pense que ça dépend pas mal de la personnalité. Moi j’ai du mal mais d’autres pourraient y arriver très bien! Ceci dit, c’est vrai que pour le russe, il y a plein de notions et de points de grammaire qui me paraissent difficiles à comporendre seul. Ne serait-ce que s’habituer aux deux formes des verbes et aux déclinaisons, c’est tellement « étranger » comme manière de parler pour un français!

          J’apprends les langues pour plusieurs raisons. Déjà parce que je trouve ça bête d’abandonner des apprentissages commencés au collège sans qu’ils aient vraiment été couronnés de succès donc je veux aller jusqu’au bout. Et professionnellement, je pense vraiment que ça peut faire la différence. Je veux avoir la possibilité de me distinguer d’autres candidats à un poste qui me plait grâce à ça 🙂 C’est donc aussi une stratégie pour l’avenir. C’est un « plaisir » mais je pense que le plaisir et la curiosité seuls ne suffisent pas pour aller jusqu’au bout : il faut avoir un objectif concret, comprendre pourquoi on le fait je pense, sinon on risque d’abandonner dans les moments difficiles! Mais ça peut être aussi simple que « comprendre les anime japonais » par exemple 😉

          Et toi, pour quelles raisons tu apprends ces langues et est-ce que tu arrives à maintenir un rythme régulier?

        • Perso, c’est parce que j’adore apprendre la langue d’un pays ou d’une culture que j’apprécie. Si je ne connais pas bien le pays ou que rien ne m’attire vers cette culture, je n’arrive pas à évoluer dans la langue. Mais c’est vrai que l’application professionnelle même si ce n’est pas une motivation première, est présente à l’esprit 😉

          Pour le rythme, l’italien ça va car c’est très proche du français et de l’espagnol. J’avais un très bon niveau d’espagnol en sortant du lycée et ça m’aide énormément pour évoluer en Italien ^^ Le russe seul, c’est bien plus dur. Là c’est les vacances donc, je n’ai plus de cours. Je me force à revoir certains points traitées et à aller plus loin mais avec un prof c’est bien plus facile !

          Je te souhaite plein de motivation pour ton apprentissage de l’espagnol et du russe alors =) We can do it XD

  2. Ça a l’air vraiment intéressant, ce challenge ! 🙂 Moi, j’essaie d’apprendre des bouts de hindi de façon passive en écoutant ma belle-famille à table… LOL Je plaisante, bien sûr. Ça fait des années que je veux apprendre le russe et j’ai des tas de bouquins chez moi pour le faire (enfin, ce sont des manuels scolaires, pas des méthodes pour apprendre seul, en principe), mais j’ai vraiment du mal à me discipliner. :-\ Mais, surtout, il faudrait que je fasse l’effort de pratiquer mes langues connues, parce que c’est trop bête de les oublier… Je me disais justement l’autre jour que je devrais à nouveau essayer de trouver des locuteurs natifs quand je retournerai à Montréal. En plus, moi qui me plains de ne pas rencontrer assez de monde…

    • Moi personnellement, je me suis vite rendue compte que je n’arriverais jamais à me discipliner toute seule pour les langues car étudier en solo, ça me parait trop « virtuel » et ça ne me motive pas. C’est pour ça que passer par un prof Skype est vraiment ce qu’il me faut! Avec les gens que je connais, je n’ose pas trop parler si on a une autre langue commune et ça m’est arrivé avec plein d’amis de se jurer de faire un échange linguistique… mais on n’arrivait jamais à se lancer!

      Sinon le hindi j’ai aussi appris des mots toutes seules en regardant des films 😉 Mais ta belle-famille parle hindi, pas créole?

    • Bonjour,
      Tu peux commencer par lire mes articles sur le sujet, je donne quelques adresses de sites où tu pourras apprendre l’anglais, notamment Italki dont je donne un lien sur cette page 😉

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